LFR 2026 : le budget révisé bloqué à l’Assemblée, les marchés restent calmes
Moins 340 milliards de FCFA de recettes, plus 540 milliards de charges incompressibles : renvoyée en commission, la loi de finances rectificative 2026 met en lumière l’équation budgétaire du Sénégal, tandis que le chef de l’État réclame l’apurement de la dette intérieure.
Le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 n’a pas trouvé de majorité cette semaine à l’Assemblée nationale. Renvoyé en commission le mardi 27 octobre, le texte cristallise une équation budgétaire difficile : moins de recettes que prévu, plus de dépenses impossibles à reporter.
Un budget révisé sous double pression
Devant les députés, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a présenté une révision à la baisse des recettes de l’État de 340 milliards de FCFA. Dans le même temps, les charges dites incompressibles progressent de 540 milliards de FCFA, tirées principalement par les subventions à l’énergie et par les dépenses des forces de défense et de sécurité, selon les chiffres rapportés par Le Soleil.
L’effet cumulé de ces deux mouvements, près de 880 milliards de FCFA, explique l’essentiel de la tension : pour tenir le budget, le gouvernement doit arbitrer entre ses priorités. Dès le week-end précédent, la presse faisait état d’une réduction des investissements publics, ce que l’exécutif conteste en affirmant ne pas abandonner les projets du Plan de redressement économique et social (PRES).
Le texte bloqué au Parlement
Faute de consensus, le projet a été renvoyé en commission pour de nouvelles discussions. Fait notable, le leader de Pastef, le parti au pouvoir, a appelé au rejet de la LFR, une position suivie par la commission parlementaire. La séance plénière avait par ailleurs été brièvement suspendue en début de semaine à la suite d’un incident technique.
Pour le gouvernement, l’enjeu est double : faire adopter un budget crédible avant la fin de l’exercice et préserver la confiance des partenaires financiers, alors que le programme négocié avec le FMI n’a pas encore été présenté au Conseil d’administration de l’institution.
Les marchés observent, sans paniquer
Sur les marchés internationaux, la réaction est restée mesurée. Les obligations souveraines sénégalaises se négociaient autour de 52 à 53 en fin de semaine, contre 50 au début, et le crédit sénégalais a rebondi de 1 à 1,25 point le mardi 27 octobre, selon les données de marché citées par Le Soleil. Les investisseurs semblent attendre l’issue du débat parlementaire plutôt que d’anticiper un blocage durable.
Dette intérieure : l’appel du chef de l’État
En Conseil des ministres le mercredi 28 octobre, le président Bassirou Diomaye Faye a demandé l’apurement rapide de la dette intérieure, en concertation avec les organisations du secteur privé. Il a également demandé la reprise des chantiers à l’arrêt, le financement des campagnes agricoles et horticoles, et l’exécution des investissements prioritaires.
Pour les entreprises sénégalaises, souvent créancières de l’État, ce signal est attendu de longue date : les arriérés de paiement pèsent sur leur trésorerie et, par ricochet, sur l’emploi. Le chef de l’État a aussi réclamé une évaluation complète du PRES et un état des lieux de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.
Ce qu’il faut surveiller
- Le nouveau passage du texte en commission et la date du vote en plénière.
- Les arbitrages sur les dépenses d’investissement, au cœur du désaccord.
- Le calendrier du programme avec le FMI : selon le Fonds, l’examen par son Conseil d’administration suppose d’abord des garanties de financement des créanciers officiels.
- Le rythme réel d’apurement de la dette intérieure promis aux entreprises.
Sources : Le Soleil, 30 octobre 2026 ; Le Soleil, 29 octobre 2026 ; Financial Afrik, 17 octobre 2026.




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